connaitre le piano

  

« A la découverte du piano »

Qu’est-ce qu’un piano ?

 

Le piano est un instrument de musique polyphonique à clavier de la famille des cordes frappées. Le son du piano est produit par la vibration de ses cordes tendues sur un cadre rigide horizontal (piano à queue) ou vertical (piano droit), placé au-dessus de la table d’harmonie. Elles sont frappées par des marteaux couverts de feutre, actionnés par l’enfoncement des touches du clavier. La vibration des cordes est stoppée par un étouffoir lorsque la touche du clavier est relâchée. Le piano possède le plus souvent un pédalier de deux ou trois pédales, aussi appelé lyre, permettant d’augmenter son potentiel expressif.

 

Les pédales sont très importantes pour s’exprimer au piano : la pédale gauche est une sourdine (appelée aussi « una corda ») qui décale le clavier de façon à ce que les marteaux ne frappent qu’une corde au lieu de trois sur les pianos à queue, tandis que sur les pianos droits cette même fonctionnalité s’obtient par un dispositif donnant moins d’ampleur au son en rapprochant les marteaux des cordes; la pédale du milieu est une sourdine pour diminuer le son au maximum pour ne pas déranger sur les pianos droits et la pédale tonale ou pédale sostenuto sur les pianos à queue, elle permet de prolonger uniquement le son de la dernière note jouée en laissant levé l’étouffoir de celle-ci; la dernière est peut-être la pédale la plus utilisée, elle permet au pianiste de prolonger la vibration des cordes, pour lier les harmonies entre elles. Son nom provient d’une abréviation de piano-forte, nom de son ancêtre du XVIIIe siècle, lui-même nommé par la possibilité qu’il donnait à celui qui le jouait de nuancer et ainsi de jouer aussi bien piano que forte ; possibilité que le piano a conservée. Dans certains pays, le piano est encore appelé « pianoforte ».

Les origines : du tympanon au clavicorde

Le piano est un instrument à cordes, mais à cordes frappées. Il est donc différents des instruments à cordes pincées (comme la guitare ou le clavecin), et des instruments à cordes frottées (comme le violon).
Les origines du piano sont assez tardives. Le premier instrument considéré comme « l’ancêtre » du piano est le (instrument de musique composé de cordes tendues sur une caisse en forme de trapèze et dont on joue en frappant sur les cordes avec deux petits maillets.
Le clavier n’est apparu qu’au moyen âge.

C’est le clavier de l’orgue qu’on a adapté aux instruments à cordes ; car en effet l’orgue est un instrument à vent.

Cette invention créa deux familles d’instruments différents:
- d’un côté le  Clavecin, l’épinal, l’épinette…sont à cordes pincées
- de l’autre le clavicorde ou manicorde…sont à cordes frappées.

Le clavicorde peut être considéré comme le véritable ancêtre du piano.
Il avait alors seulement 4 octaves et la couleur des touches étaient l’inverse de celle du piano actuel. Il connut quelques améliorations mais cela ne lui permit pas d’obtenir un grand succès car le son restait faible, sourd et court.

Le créateur du piano : Bartolomeo Cristofori Le Pianoforte

Bartelomeo Cristofori s’intéressa toute sa vie au perfectionnement des instruments de musique. Il travaillait à la cour florentine des Médicis au moment où il fabriqua en 1709 un « gravicembalo col piano e forte ».
Son ingéniosité fut d’inventer un système permettant de jouer doucement (piano) et fortement (forte). Un marteau articulé indépendant est bougé par un pilote situé au au bout de la touche. Ce marteau vient frapper plus ou moins vivement la corde pour s’en dégager aussitôt. Puis un étouffoir (pièce de cuir ou feutre) vient éteindre le son de cette note dès que la touche est relâchée.

Les moments clés du piano :

Le mécanisme de Cristofori fût amélioré quelques années plus tard (1728) par l’allemand Gottfried Silbermann(1683-1753) donc J.S. Bach testa quelques modèles. Johann Andréas Stein(1728-1792) mis au point un nouveau système d’échappement des marteaux permettant d’obtenir une meilleur qualité sonore et de jouer des pièces plus rapides. Ce piano connaît un grand succès étant notamment très apprécié par Mozart et Haydn.
1735 : premier piano vertical
1766 : Premier piano carré de J.C. Zumpe
1777 : premier piano Erard . Nouveauté: une pédale soulève les étouffoirs pour permettre la résonance totale des cordes.
1786 : premier grand piano à queue de J. Broadwood
1808 : Invention de la mécanique à simple échappement par Erard (Français)
1810 : Utilisation de cordes en cuivre et acier trempé par Pleyel (Français)
1811 :Création par R. Wornum du premier piano droit d’apparence moderne
1822 : Erard invente le « double échappement  » (encore employé de nos jours) qui permet une répétition très rapide
des notes. Cette même année il place un cadre métallique au dessus des plans de cordes
1828 : utilisation du cadre métallique par Pleyel
Dans ces années grâce à un dialogue constant entre pianistes et facteurs (Chopin/Pleyel ; Liszt/Bösenderdorfer ; Beethoven/Broadwood …) de nombreuses améliorations furent apportées.
1859 : Construction par Steinway du premier grand piano de concert moderne. Les cordes croisées sont placées en éventail. Les chevalets se rapprochent de la table d’harmonie.
1862 : Invention de la pédale sosteneto(prolongation ou tonale) par Claude Montal.

Mécanique du piano : droit et à queue

 

Piano droit : c’est le modèle de piano le plus répandu, souvent préféré au piano à queue pour des raisons de prix et d’encombrement. Les cordes sont disposées verticalement et souvent croisées pour obtenir une longueur de cordes supérieure. Sa hauteur est variable de 1m 40 à 1m 80. Il ne faut pas espérer trouver le son d’un piano à queue dans un piano droit, même si l’on trouve des modèles de bonne facture, tant au niveau du son qu’au niveau de la qualité du mécanisme.

 

Il se compose de :

Feutre: produit textile qui enrobe le marteau.
Marteau: pièce qui frappe la corde et la fait vibrer..
Barre de repos du marteau: support pour le marteau lorsqu’il n’est pas actionné.
Contre-attrape: pièce qui attrape la queue du marteau dans sa rechute.
Attrape: pièce qui attrape la queue du marteau dans sa rechute.
Touche: partie du clavier sur laquelle on appuie pour produire une note.
Chevalet: pièce à laquelle sont fixées les cordes et qui transmet le son à la table d’harmonie.
Levier d’échappement: pièce qui envoie la tête du marteau vers la corde.
Noix: partie du marteau qui est poussée par le levier d’échappement.
Barre d’étouffoir: support pour l’étouffoir lorsqu’il n’est pas actionné.
Étouffoir: pièce servant à empêcher la corde de vibrer.
Corde: partie du piano qui produit le son par vibration lorsqu’elle est frappée.

 

Le piano à queue

Piano à Queue : Le piano à queue est un instrument à cordes horizontales que viennent frapper des marteaux ctionnés depuis un clavier. La table d’harmonie est une partie très importante pour la sonorité du piano. Elle consiste en une mince feuille de bois en planches de de sapin ajustée derrière le cordier. Elle participe au phénomène vibratoire.

Le piano à queue est conçu pour produire un son plus riche et plus plein que le piano droit. En règle générale, la puissance sonore est liée à la longueur des cordes et un piano à queue peut dépasser les 3 mètres de longueur. Il existe des pianos à queue plus courts : le piano demi-queue, le piano « crapaud », etc. Le piano à queue est utilisé tantôt comme instrument d’accompagnement, tantôt comme instrument soliste. Il est utilisé dans de nombreux styles musicaux allant de la musique classique en passant par le jazz ou le rock. Les marques les plus réputées sont Bösendorfer, Steinway, Yamaha .

Les grandes dates du piano

1703 : Carlo GRIMALDI transforme un clavecin en « cembalo con marteletti » où les marteaux sont des lames de métal enroulées à l’extrémité de manière à former un bout arrondit qui frappe la corde au lieu de la pincer
1709 : Bartolomeo CRISTOFORI invente le premier piano, toujours sur la base d’une transformation de clavecin, mais cette fois les marteaux sont en bois, et articulés à l’extrémité des touches, un petit levier pousse ses marteaux contre les cordes, et un système d’échappement permet de récupérer le marteau à mi course, en même temps l’étouffoir est actionner
1717 : Christoph SHRÖTER construit une mécanique avec des marteaux inversés
1726 : Bartolomeo CRISTOFORI perfectionne sa mécanique, les marteaux sont recouverts de parchemin et de cuir, les étouffoirs sont en bout de touches, et une pédale apparaît: la pédale forté
1766 : Premier piano carré de ZUMPE
1772 : BACKERS construit le premier piano à queue équipé de mécanique anglaise
1773 : STEIN introduit la mécanique dite « viennoise »
1777 : Sébastien ERARD fabrique son premier piano
1780 : ZUMPE construit une mécanique à double pilote
1781 : BROADWOOD fabrique son premier « grand piano »
1784 : WALTER construit pour Mozart un pianoforte muni d’une pédale « una corda »
1786 : ERARD invente la mécanique à double pilote
1788 : Avec CAVALO et GRAY, BROADWOOD détermine que le marteau doit frapper la corde à un neuvième de sa longueur vibrante, pour produire le timbre désiré
1789 : SOUTHWELL construit un piano droit à Dublin
1794 : BROADWOOD lance les pianos à 6 octaves
1799 : Joseph SMITH construit le premier cadre métallique, pour mieux supporter la tension des cordes
1806 : Sébastien ERARD invente « l’agrafe »sur le cadre pour pas que les cordes bougent lors de la frappe des marteaux, et qui détermine l’une des extrémités de leur longueur vibrante
1810 : Sébastien ERARD invente le système de pédales, toujours présent dans les pianos modernes
1810 : PLEYEL demande un brevet pour l’utilisation de cordes en cuivre et en acier trempé
1815 : BROADWOOD insère le cadre métallique dans la fabrication de ses pianos
1821 : ERARD invente la mécanique « à double échappement » ce qui permet une répétition plus rapide
1822 : ERARD rajoute des barres de renforcement au-dessus de la table d’harmonie ce qui permet de multiplier par trois le diamètre des cordes
1825 : BABCOCK dépose un brevet d’invention pour un cadre en fonte
1826 : Henri PAPE invente le marteau garni de feutre ce qui remplace le cuir ou le daim utilisé jusqu’ici
1827 : BROADWOOD utilise une plaque métallique pour le sommier de pointes associé à des barres de renforcement au-dessus de la table d’harmonie, on arrive presque au cadre complet
1827 : James STEWART invente le montage des cordes « à cheval », une corde unique fait un retour au niveau de la pointe d’accroche, ces deux cordes sont accordées à l’unisson, ce qui forme l’origine du cordage moderne
1830 : Premier piano a queue avec le système « Erard »
1835 : Première industrialisation du piano en Allemagne avec automatisation du feutrage des têtes de marteaux
1840 : Henri HERZ invente une version simplifiée de la mécanique « Erard », toujours d’actualité
1842 : Henri PAPE invente le premier piano à queue à huit octaves
1842 : ISHERMANN lance la première industrie spécialisée dans la production de mécaniques de pianos
1843 : CHICKERING fait breveter un cadre métallique d’une seule pièce pour piano à queue
1843 : BORD invente le contre-sillet, qui exerce une pression sur les cordes et renforce la résistance aux chocs des marteaux
1859 : STEINWAY construit le premier grand piano de concert moderne avec cordes croisées
1863 : STEINWAY construit des pianos droits à cordes croisées
1867 : STEINWAY utilise des cadres en fonte pleine pour ses pianos
1873 : BLÜTHNER invente le système « aliquot » qui consiste à rajouter une quatrième corde qui n’est pas frappée mais qui résonne par sympathie elle est accordée à l’unisson, dans les aigus et à l’octave supérieure dans les médiums. Ce système est une exclusivité de Blüthner.


Jusqu’en 1997 : il n’y a pas eu d’évolution majeure

en 1997 : la pédale harmonique  permettant de selectionner les étouffoirs libérés ou non:L’apport du mécanisme harmonique est ainsi révolutionnaire car il permet le jeu staccato en maintenant tous les étouffoirs levés à l’exception des notes jouées, qui sont étouffées au relâchement des touches. L’auditeur remarque alors une réverbération qui enrichit le phrasé.

Ce mécanisme est matérialisé par une quatrième pédale indépendante et des étouffoirs inédits.